Retour sur notre soirée d’échange consacrée au transport public à Liège
Ce 7 juillet 2026, la section de Liège des Engagés a organisé une soirée d’échange intitulée « Le transport public en questions », consacrée aux perspectives de mobilité collective à Liège, un peu plus d’un an après la mise en service du tram.
Près de 60 personnes ont pris part à cette rencontre, dans une atmosphère à la fois attentive, qualitative et constructive. Les photos de la soirée témoignent de la richesse des échanges, de la diversité du public présent et de l’intérêt très concret que suscite la question du transport public dans le bassin liégeois.
La soirée a réuni François Desquesnes, Ministre wallon en charge de la mobilité, Béatrice Masuy et Natacha Everaert, représentantes du collectif pluraliste CoMBaLi (Collectif pour la Mobilité du Bassin Liégeois) ainsi qu’Olivier de Wasseige, Député wallon et Conseiller communal de Liège.
Le Ministre François Desquesnes a d’abord présenté les grandes orientations du contrat de service public révisé du TEC, en insistant sur trois priorités : fiabilité, agilité et responsabilité. Dans sa présentation, il a rappelé l’importance du réseau wallon, avec 832 lignes, 31.700 arrêts et 2.700 bus et trams, ainsi que la place particulière de Liège, dont la zone urbaine concentre près d’un tiers de la fréquentation du réseau LETEC et compte environ 3.500 arrêts. Il a également rappelé que le tram de Liège a transporté plus de 12 millions de voyageurs en un an, avec un taux de satisfaction de 77 %.
La présentation a également permis de regarder lucidement les difficultés rencontrées depuis la réorganisation du réseau : suppressions de services, correspondances parfois difficiles, problèmes d’information aux usagers, pénurie de conducteurs, adaptation aux nouveaux itinéraires ou encore congestion urbaine. Des difficultés que le Ministre a replacées dans une logique d’ »exigence de résultats », en évoquant notamment le recrutement de nouveaux chauffeurs, le suivi hebdomadaire du planning et du taux de service, le renforcement du management de proximité et l’amélioration de la communication voyageurs.
Face à cette présentation, CoMBaLi a porté la voix des usagers et rappelé l’importance de partir des réalités vécues : un bus qui ne passe pas, une correspondance ratée, une information absente ou un trajet qui devient trop long. Le collectif, dont la pétition a conduit à une audition au Parlement de Wallonie et à l’adoption de conclusions en séance plénière, a une nouvelle fois démontré l’utilité d’une expertise citoyenne structurée, pluraliste et orientée vers l’amélioration du service.
Plusieurs perspectives fortes sont ressorties des échanges.
Tout d’abord, la nécessité d’utiliser pleinement les leviers financiers disponibles, notamment le Fonds social climat, afin de soutenir des solutions de mobilité utiles aux publics vulnérables et aux territoires moins bien desservis. Le contrat de service public prévoit à ce titre un financement spécifique de 45 millions d’euros entre 2028 et 2032 pour le développement du transport public à la demande dans les zones faiblement desservies et présentant une forte densité de groupes vulnérables.
Ensuite, l’importance de mieux organiser la consultation des parties prenantes. Le contrat prévoit que l’OTW consulte les communes, les organisations représentatives des usagers, les associations, les structures citoyennes et les comités de quartier lors des optimisations d’offre. Au-delà des intentions affichées, l’enjeu est que les retours du terrain nourrissent effectivement les décisions via des structures telles que CoMBaLi.
La soirée a également mis en évidence la nécessité pour la Région de se pencher davantage, de manière stratégique mais aussi conceptuelle, sur les territoires urbains. Liège n’est pas seulement une commune : c’est une centralité, une métropole de fait, un bassin de vie où se concentrent des enjeux de mobilité, d’emploi, d’enseignement, de soins, de logement et d’attractivité régionale. Penser la mobilité liégeoise implique donc de mieux tenir compte du maillage interquartiers, des déplacements périphérie-périphérie et des besoins de celles et ceux qui ne souhaitent pas nécessairement rejoindre le centre-ville.
Autre point majeur : la nécessité de sanctuariser l’accessibilité financière du réseau, en particulier pour les publics les plus fragiles et les personnes en situation de handicap. L’autonomie tarifaire de l’OTW ne peut conduire à faire de la tarification sociale une simple variable d’ajustement. Le droit à la mobilité doit rester effectif pour toutes et tous.
Enfin, plusieurs pistes concrètes ont été évoquées pour améliorer rapidement le quotidien des usagers : mieux lisser les heures de pointe, notamment en travaillant sur les horaires des écoles, renforcer les soirées et les week-ends et tendre progressivement vers une offre plus stable entre périodes scolaires et non scolaires. Ces pistes peuvent avoir des effets positifs sur les transports publics, mais aussi sur la circulation automobile et la qualité de vie en ville.
Pour Les Engagés de Liège, cette soirée confirme une conviction : la mobilité collective ne peut pas être pensée uniquement comme une affaire d’infrastructures ou d’horaires. Elle touche à l’égalité d’accès, à la qualité de vie, à l’attractivité de Liège et à la confiance dans le service public.
Merci à l’ensemble des intervenants, aux participants et à toutes celles et ceux qui ont contribué à faire de cette rencontre un moment de débat utile, respectueux et orienté vers les solutions.
Comme l’a résumé le Ministre François Desquesnes en conclusion de la soirée : « Le débat a progressé ! »